vendredi 21 novembre 2008

A l'attention de Benoît Hamon.



Si, comme il le manifeste, Benoît Hamon souhaite incarner une nouvelle force d'opposition à la droite française, il va lui falloir sûrement plus de pouvoir et d'assurance que d'intelligence compassionnelle ou d'idéologies tolérantes, bonnes intentions propre à l'image socialiste. Benoît Hamon n'aurait cependant aucune raison de ranger sa bonté au placard. Tout au contraire, la seule possibilité qu'il a de faire entendre l'injustice sociale et la détérioration culturelle de son pays serait celle de monter son discours à un niveau plus élevé que celui auquel les médias politiques nous ont habitué.

benoit hamon

Evidemment à notre époque de corruption visuel, il est utile pour tout intéressé à la parole politique d'avoir une certaine connaissance de l'image que l'on donne. Toutefois la pire des solutions qui serait de se fabriquer une image en fonction d'un audimat ou du seul désir de plaire ne peut mener à court terme qu'à une certaine schyzophrénie et à une destruction très certaine des relations qui nous sont chères. En outre il est préférable de cerner les enjeux de son image par les voix plus sereines que nous offrent les sciences humaines depuis moins d'un siècle, telle la sociologie, la linguistique, l'ethnologie ou plus particulièrement la psychologie. Suis-je ici entrain de me demander si Benoît Hamon ne gagnerait pas à plus étudier et à entamer une analyse ?... Non, ce serait exagérer et préjuger de sa personne, et de son parcours qui m'est inconnu. Il y a cependant, dans cette pique, plus l'envie de croire en une lutte, déjà bien mise à mal non seulement par la disparition d'une gauche d'opinions mais aussi par la naïveté affichée d'une personne qui désire représenter une relève contestataire, en citant son âge par exemple. Pourquoi j'écris alors à son propos et ne m'intéresserai-je pas plutôt à Olivier Besancenot ? ...
Dans une perspective stagnante et morne de notre paysage politique français, il y a de forts doutes quant à la réussite électorale du jeune anti-capitaliste à moins qu'il ne fédère suffisamment de colère pour renverser le régime républicain actuel. Je continue alors sur la piste tranquille de la démocratie, fidèle à ses systèmes de bascule et j'invite utopiquement notre jeune Benoît Hamon à plonger plus solidement ses racines dans les connaissances contemporaines qui s'avèrent d'excellents outils d'émancipation intellectuelle, de communication aussi.



Enfin ce n'est pas parce qu'on abêtit le peuple que le peuple est bête. Nous saurons reconnaître quelqu'un qui pense droit et qui n'use pas de démagogie langagière à l'endroit de ses convictions. Les américains ne s'y sont pas trompés. L'engouement à l'égard de Barack Obama n'est pas l'unique résultat d'une campagne publicitaire. La charge émotive et humaniste de son discours semble plutôt porté par un homme qui s'instruit et s'entoure de personnes de conscience, ce qui fait de lui aujourd'hui, ce dont rêvait notre siècle des lumières, un jeune despote éclairé.

Sylvain Pack

4 commentaires:

  1. Salut Sylvain,
    Contrairement à toi, j'ai arrêté de croire en notre bonne vieille démocratie, et je ne pense pas que quelqu'un comme Barack Obama ait réellement le pouvoir de changer les choses.
    D'autres ont essayé avant lui, mais se sont fait flingué avant. Heureusement le parallèle entre Barack et Kennedy joue en la faveur de ce premier ce qu'il fait qu'il ne se fera peut être pas assassiné. Quoi que !

    Le pouvoir actuel n'est pas dans les mains des politiques mais de ceux qui détiennent l'argent. Et ce ne sont ni Besancenot ni Hamont qui ne pourrons changer ça.
    Le système en place est déjà corrompu et va donc tout faire pour se préserver. Ces deux là ne sont que de vilains petits pantins qui donnent de l'espoir aux naïfs et aux simples d'esprits.

    Religions, politiques, entertainment, drogues : le panel "d'opium du peuple" s'élargit. On vent du spectacle et de l'espoir et le peuple s'en accommode.


    Le seul moyen de changer les choses c'est de faire ouvrir les yeux aux autres, et ça c'est un des rôle de l'Art.

    Alors bonne chance à toi l'artiste !!!

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  2. Cher Pipotron,

    Oui pour encourager les artistes, même si je pense que leur rôle n'est pas obligatoirement dévolu à la prise de conscience politique et sociale.

    La démocratie est un concept très discutable, surtout aujourd'hui. Amartya Sen, prix nobel d'économie en 1998, a écrit un étonnant livre à ce propos :
    La Démocratie des autres : Pourquoi la liberté n'est pas une invention de l'Occident, chez Payot, 2005
    J'en ai un bon souvenir à propos du rapt occidental et de l'utilisation qu'elle aurait eu d'idées et de concepts étrangers, celui de démocratie tout particulièrement.

    Quant à l'utilisation que j'en ai dans cet article, il s'agit d'être dans la perspective d'un futur probable, consensuel et toujours très conditionné. J'aimerai bien pouvoir affirmer une quelconque croyance...

    Merci pour votre réaction à laquelle néanmoins je m'associe sur de nombreux points.

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  3. J'ai observé Benoit Hamon hier soir, lors du "Grand Journal" de Canal Plus aux côtés de Martine et d'autres membres de l'équipe. Ce "collectif" n'avait aucune consistance: leur idéologie sent le passé et la dynamique de leur groupe fait penser à l'esprit d'une colonie de vacances. On fait du neuf avec du vieux. Là où Obama revisite les paradigmes,Aubry et Hamon répète plutôt que d'innover.
    Reconnaissons au moins à Ségolène Royal son esprit frondeur et créatif...
    Pascal Bély

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  4. Merci pour votre contribution et bienvenue au migrateur, plume azurienne, acérée entre toutes...

    Les images nous empêchent malheureusement de voir clair dans ce jeu... Ségolène Royal m'écrase par sa présence médiatique ou peut-être y est-elle piégée malgré elle. Cela m'empêche de la connaître ou de vouloir comprendre son programme. Je m'associe à Pipotron dans sa noirceur et sa vision catastrophique mais j'aimerai voir autre chose aussi...

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